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L’entrepreneur engagé

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PORTRAIT
Sami Yakoubi - Partager risques et richesses avec les salariés

Sami Yakoubi a mis en place un mécanisme de redistribution de la richesse dans sa société de sous-traitance industrielle.

« Mon entreprise est le résumé de mon parcours », annonce tout de go Sami Yakoubi, sans autre forme de présentation. Il débarque de Tunisie à Chambéry à l’âge de dix ans, alors qu’il ne parle pas un mot de français.Commence alors une vie qu’il considère comme une succession de challenges. Les uns après les autres, il surmonte les obstacles, atteint des postes à responsabilité, révèle un talent de développeur dans l’entreprise qui l’emploie, ainsi que dans le club de foot qu’il préside. En cinq ans, il fait passer l’association de 50 à 1 000 adhérents. « J’ai seulement pratiqué un ensemble de petits choses qui relèvent du bon sens », rectifie-t-il humblement : transparence, bienveillance, confiance, responsabilisation et exemplarité.

Ne pas assister, responsabiliser

La maturité de la quarantaine aidant, en 2007, Sami Yakoubi se lance dans la création de sa propre société, soutenu par Réseau Entreprendre Savoie. Baptisée CATM, il s’agit d’une entreprise d’insertion. Dès le départ, l’entrepreneur souhaite appliquer ce qu’il a appris de ses expériences de vie, son art de la gestion étant le fruit des bonnes et mauvaises pratiques constatées par ailleurs. « Au club de foot par exemple, je me suis d’abord placé dans une logique d’assistance. Mais plus j’aidais les gens, plus on m’en demandait. Un jour j’ai compris qu’il fallait tout inverser : j’ai mis chacun devant ses responsabilités. Les réunions étaient ouvertes à tous, chacun pouvait critiquer, celui ou celle qui proposait une idée devait la mettre en oeuvre. Les choses ont pris
forme. Les gens ont compris que le club devait tourner grâce à eux. », raconte le dirigeant.

Engagements mutuels

De cette expérience, Sami Yakoubi a retenu le principe fondateur de sa société CATM : le partage des richesses et des risques. S’il prend le risque d’être chef d’entreprise, il invite chacun de ses collaborateurs à le partager avec lui. Ce principe, il l’a formalisé dans une charte, que chaque nouveau salarié doit accepter à son arrivée dans l’entreprise. Le dirigeant s’engage à maintenir un écart maximal de salaire (x3) entre le plus petit et le plus élevé et il veille à la diversité dans le recrutement (nationalité, handicap, compétences).

20% du résultat est redistribué aux salariés

Transparent dans sa manière de gérer, il redistribue 20 % du résultat aux salariés. En retour, les collaborateurs s’engagent à respecter leurs objectifs ; acceptent une certaine flexibilité du temps de travail, la polyvalence des tâches et l’éventuelle absence de prime en fin d’année. Avec une croissance moyenne de 20 % par an sur 7 ans et trois entreprises qui se développent sur le même modèle, Sami Yakoubi peut dire qu’il a fait des émules. Fier de ses équipes et de leurs résultats, il reste cependant vigilant à préserver la pérennité de CATM et garde toujours à l’esprit que « la vie est un combat de chaque jour. »


Membre de Réseau Entreprendre Savoie
CATM
Effectif : 80
Chiffre d’affaires 3 M€
Secteur d’activité : Sous-traitance industrielle, peinture, revêtement de sol et carrelage
Date de création : 2007


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