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L’entrepreneur engagé

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L’entrepreneur engagé

Pour l’économie

L’entreprise crée des richesses à partager

Michel Gschwind L’innovation participative

Membre de Réseau Entreprendre Côte d’Azur
ARECO
Effectif : 57
Chiffre d’affaires : 5,7 M€
Secteur d’activité : Humidification des produits frais
Date de création : 1998


Jérôme Schatzman Richesses et partage

Tudo Bom, la marque franco-brésilienne de mode éthique et bio, a fait le pari de créer un modèle d’entreprise qui intègre le partage des richesses et la réduction des impacts environnementaux dans ses gènes. Explications avec son fondateur.

Dans la nouvelle logique entrepreneuriale d’engagement sociétal, un nombre croissant de chefs d’entreprise fait de la lutte contre l’exclusion, du partage des richesses ou du respect de l’environnement des objectifs prioritaires pour leur projet économique. Avec eux, Jérôme Schatzman s’inscrit pleinement dans cette approche. « J’ai voulu créer une marque qui soit attrayante par son histoire et les valeurs qu’elle propage. », dit-il.

Les étiquettes portent le nom des couturières

Tudo Bom, « tout va bien » en portugais, se différencie par son approche « human inside. » Chaque vêtement est signé par la couturière qui l’a confectionné. « Sur l’étiquette, on trouve leur nom et leur photo. C’est un plaisir pour le consommateur et une reconnaissance pour la couturière. »

Un système de microcrédit permet aux 35 couturières brésiliennes, sous-traitantes de Tudo Bom, de s’équiper et de gagner en qualité. « Ici, pas d’assistanat. L’idée est de faire de la confection équitable. C’est important qu’elles soient autonomes. Je m’engage avec elles sur des volumes à l’année, ce qui leur donne une visibilité, une capacité de projection. »

La répartition de la valeur : ça se négocie

Dans ces conditions, comment sont négociés les prix ? « Définir un prix équitable est toujours compliqué, observe Jérôme Schatzman. Aucune solution n’est parfaite, mais j’ai réalisé que mon poids autour de la table de négociation est plus élevé en tant qu’acheteur que le poids de mes fournisseurs. Alors avec l’aide des ONG sur place, on a facilité leur organisation en tant qu’acteur économique fort. C’est par cette voie
d’émancipation que le pari économique peut inclure le partage des richesses. »

“Ici, pas d’assistanat.
L’idée est de faire de la confection équitable.”

Filière intégrée, environnement respecté

La filière de Tudo Bom est complètement intégrée, ce qui crée des opportunités pour une activité plus respectueuse vis-à-vis de l’environnement. « Nous maîtrisons la chaîne de production de nos vêtements de A à Z avec nos sous-traitants. Quand je vivais au Brésil, il n’y avait pas de coton bio et sa culture traditionnelle était très polluante. La première étape était donc de convaincre les agriculteurs de passer au bio. Les ONG ont aidé à cela. Les rencontres avec elles furent une étape clé. Il a
fallu instaurer une solide confiance mutuelle. »

Pour les étapes suivantes de la production, filer, tricoter et teindre le coton, Jérôme Schatzman a misé sur la confiance. « Je ne peux pas tout le temps être à côté de mes fournisseurs pour vérifier s’ils respectent l’environnement. Mais on a beaucoup discuté des procédés, en particulier concernant la teinture. En évitant certains types d’encre, il est possible d’éliminer l’impact environnemental. Aujourd’hui, mes sous-traitants sont convaincus eux-mêmes de l’importance du développement durable. Alors je sais qu’ils vont me livrer un produit qui est en lien avec nos valeurs. »

“Je trouve intéressant
d’accompagner des gens qui
ont également cette envie de
monter une entreprise éthique.”

Partager

Afin de donner de l’écho à ses valeurs, Jérôme Schatzman aime partager sa façon d’entreprendre. « Je trouve intéressant d’accompagner des gens qui ont également cette envie de monter une entreprise éthique, respectueuse de la planète et des êtres humains. Quand on commence, cela paraît difficile. Je ne le cache pas, j’ai connu la galère au début, mais quand on a cette envie, on y arrive. Aujourd’hui, je m’engage dans Réseau Entreprendre à accompagner d’autres entrepreneurs dans une démarche d’entrepreneur social. »


Lauréat de Réseau Entreprendre 93

TUDO BOM
Effectif : 8
Chiffre d’affaires : 800 000 €
Secteur d’activité : Mode éthique
Date de création : 2006


Kelli Choi La croissance fulgurante de Sushi Daily

« On ne peut pas faire de pari sur l’économique : c’est la clé du succès du projet. Mais à condition de rester pragmatique, on peut rêver. Grand et ambitieux. » C’est par ces mots simples que Kelli Choi définit le cadre de son aventure « Sushi Daily. »

Créée en 2010, l’entreprise installe des kiosques à sushis, ces derniers étant fabriqués sur place, dans les grandes surfaces. L’aventure a démarré dans les magasins de l’enseigne Carrefour. 300 points de vente seront bientôt atteints avec, déjà, 1 500 salariés dans cinq pays et un chiffre d’affaires de bientôt 200 millions d’euros ! L’entreprise double de taille tous les ans.

“Créer quelque chose de grand,
de pérenne”

« Je suis née en Corée du Sud, je connais bien la culture asiatique et je l’aime, raconte l’entrepreneur. C’est le premier pilier de ma volonté de création : la faire découvrir aux occidentaux. Ensuite, j’ai voulu créer quelque chose de grand, de pérenne. Et ce, à partir de la France, où je vis depuis vingt ans. » Son idée : des produits de qualité, sur un marché peu touché par la crise, en démarrant avec les clients au potentiel le plus fort. « J’ai choisi l’alimentation, avec un prisme asiatique bien entendu, et un objectif constant de proposer des produits de haute qualité. » Le concept est importé des Etats-Unis et du Japon, où les « bars à sushis » connaissent un grand succès. Mais cela n’a pas empêché Kelli Choi d’étudier minutieusement son sujet. « J’ai passé trois ans dans les magasins et restaurants à observer les clients. »

Convaincre Carrefour d’accueillir le concept dans ses magasins ne fut pas simple. « J’étais ambitieuse : je leur ai promis un chiffre d’affaires très supérieur à celui qu’ils imaginaient. Ils ne me croyaient pas, mais moi j’avais mon étude de marché, je savais où j’allais. J’ai tenu bon et eu un peu de chance : le nouveau PDG voulait réaménager les magasins, mon concept l’a séduit. »

“x 2
L’entreprise double de taille tous les ans”

Ouvrir les kiosques est une chose. Leur assurer le succès économique en est une autre. Pour ce faire, Kelli Choi a placé la barre très haut : « Je suis exigeante et le concept est très précis. Il ne s’agit pas de vendre un « bon sushi. » Il s’agit de vendre « le meilleur sushi du monde. » Cette exigence se retrouve à tous les niveaux : pour l’emplacement des kiosques, dans chaque magasin ; pour le recrutement des collaborateurs. Avec les clients, elle négocie des contrats longs pour pouvoir recruter les meilleurs artisans. « C’est la condition du succès », souligne l’entrepreneur.

L’engagement économique ? « Un entrepreneur doit savoir gagner de l’argent, pour tous les collaborateurs. Et doit savoir compter ! » Être accompagnée par Réseau Entreprendre, qui facilite, accélère et sécurise la stratégie et la réussite a été important pour Kelli Choi. Sa grande fierté ? Ses 1 500 collaborateurs, les 50 jeunes personnes qu’elle a choisies au siège social ; les managers qu’elle a recrutés elle-même et qu’elle aide à s’installer. « J’y vais à fond : ça m’amuse de recruter de belles personnes. J’adore les gens. Je rends l’amour que j’ai reçu, en offrant une nourriture de grande qualité au plus grand nombre » Mon conseil ? « N’ayez pas peur ! Il faut oser ! »


Lauréate de Réseau Entreprendre Paris
KELLYDELI, SUSHI DAILY
Effectif : 1 500
Chiffre d’affaires : 200 M€
Secteur d’activité : Fabrication et vente de sushis en grande surface
Date de création : 2010


Pierre-Yves Lévy Outilacier : le kirikou du négoce industriel

Quand on est dans la position de l’outsider, une solution : être dans les premiers à s’engager dans l’innovation sociale.

Outilacier distribue outils et fournitures industrielles pour les professionnels. Un « petit » acteur dans un secteur dominé par des géants. Pour relever le défi, Outilacier a proposé un triptyque : performance économique, relations saines et durables, innovation collaborative. « J’ai la chance d’être chef d’entreprise, aussi j’ai fait le choix d’orienter la stratégie selon mes convictions personnelles. », explique son dirigeant Pierre-Yves Lévy, par ailleurs guide de haute montagne.

Sa méthode : construire une entreprise performante, au service de ses clients et fournisseurs, cela dans le respect d’une prospérité partagée. « Nous avons développé un concept de distributeur responsable. », explique-t-il. L’entreprise sélectionne prioritairement des produits et des fabricants qui, par leur nature ou leurs actions, respectent les valeurs du développement durable, et elle sollicite ses clients pour partager ces valeurs.

“J’ai fait le choix d’orienter la stratégie
selon mes convictions personnelles.”

Outilacier propose ainsi des produits conçus et fabriqués sur notre territoire, en faisant bénéficier ses clients, comme ses fournisseurs, de sa productivité inhabituelle (trois fois celle du secteur), qui lui permet de travailler avec des marges réduites, assurant la compétitivité économique des produits territoriaux par rapport aux produits importés par la concurrence. Dans sa relation avec ses clients et fabricants, le distributeur se définit en plus, comme un « fédérateur de relations collaboratives transverses, porteuses d’innovations et de valeur partagée ». « L’amélioration de notre productivité, associée à une approche collaborative, nous a permis de respecter nos valeurs, tout en étant rentables, et cela a aussi comme support des relations durable et loyales avec nos partenaires », affirme Pierre-Yves Lévy.

« Nous ne déréférençons jamais un fournisseur sans l’avoir aidé à corriger ce qui devait l’être. S’il est en difficulté, nous le soutenons en maintenant nos approvisionnements. S’il s’éloigne de notre politique générale et de nos valeurs, nous cessons la relation ».


Membre de Réseau Entreprendre Rhône
OUTILACIER
Effectif : 30
Chiffre d’affaires : 30 M€
Secteur d’activité : Distribution de fournitures industrielles
Date de création : 1946, repris par M. Lévy en 1985


Anne-Laure Capello La rudesse du pari économique, la passion de l’engagement

Face à la crise, s’engager aide à se rassurer sur la pertinence de son engagement.

Anne-Laure Cappello a repris l’entreprise paternelle en juillet 2008. Le secteur est compliqué : spécialisée dans le traitement de surfaces, « BTS SAS » travaille entre autres pour l’industrie automobile. En octobre 2008, c’est la claque de la crise. Depuis, Anne-Laure Cappello vit l’économie comme une bagarre : mandat ad hoc, redressement, plan social, plan de continuation. L’entreprise se réorganise, se diversifie. Elle tient, mais la visibilité est réduite.

“Créer, développer, recruter”

Dans la difficulté, au lieu de se renfermer sur elle-même, Anne- Laure Cappello parle et s’engage. Elle évoque librement ses difficultés avec ses clients et fournisseurs, avec les représentants des organismes sociaux, avec ses confrères de Réseau Entreprendre, dont elle devient administratrice.

Elle est également élue à la CCI de Haute- Loire. « Parce que c’est devenu ma vie, dit-elle. C’est une passion, un challenge : pouvoir rendre service, aider, rendre ce que j’ai reçu. J’aime l’économie : partir de rien et arriver à quelque chose ! Créer, développer, recruter. »


Administratrice de Réseau Entreprendre Auvergne
BTS SAS
Effectif : 38
Chiffre d’affaires : 3,5 M€
Secteur d’activité : Traitement de surface
Date de création : 1992, reprise par Mme Capello en 2008


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