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L’entrepreneur engagé

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L’entrepreneur engagé

Dans la société

L’entreprise génère des bienfaits pour tous

Philippe Lemaire Le handicap : un projet économique au service des autres

Philippe Lemaire, avec sa société Phitech, améliore le quotidien des personnes en situation de handicap.

D’une simple rencontre dans le métro, Philippe Lemaire a fait naître une idée innovante, utile à la société et suffisamment rentable pour faire vivre une entreprise. En 2003, soutenu par Réseau Entreprendre, ce « serial entrepreneur » conçoit un boîtier d’appel d’urgence et créé la société Phitech, dans le domaine de la sécurité électronique. L’activité démarre bien. Pourtant, le jour où il croise un non-voyant perdu dans le métro, faute d’informations à sa portée, c’est la révélation. Pourquoi ne pas adapter son système de sécurité au service de déficients visuels, pour les aider à se repérer, être alertés, ou détecter la présence d’une porte ?

De l’opportunité à l’engagement sociétal

Au-delà même de l’occasion de développer son activité, Philippe Lemaire a le sentiment d’atteindre ce à quoi il a toujours aspiré : diriger une entreprise utile à la société. Il décide alors de faire « basculer » Phitech en la positionnant sur cette niche, encore peu occupée. Il y a, d’abord, son approche pragmatique et attentive des besoins des déficients visuels. Et puis, la promulgation de la loi de février 2005, incitant entreprises et administrations à faciliter la vie des personnes handicapées, le conforte dans son choix.

“Une approche pragmatique et attentive des besoins des déficients visuels.”

Pendant un an, en contact étroit avec les associations de non-voyants, il construit un cahier des charges pour concevoir des balises électroniques délivrant des informations vocales à l’usager déficient visuel, via une télécommande ou un smartphone. Sur le quai d’une gare par exemple, une personne non ou malvoyante peut recevoir les indications nécessaires pour trouver le bon wagon, sans avoir à demander de l’aide. L’idée séduit la SNCF et Alstom.

D’une opportunité de marché, Philippe Lemaire a fait un enjeu de société : celui d’améliorer le quotidien de personnes qui, jusqu’alors, se contentaient de l’existant. « La loi sur l’accessibilité a accéléré la prise de conscience du grand public et des entreprises, mais aussi des personnes handicapées. Ces dernières ont réalisé qu’elles aussi avaient des droits. Et notamment celui de vivre et circuler comme les valides. », défend l’entrepreneur, désormais acteur militant de l’entrepreneuriat social.

Toujours penser à l’utilisateur final

Au sein même de son entreprise, Philippe Lemaire cultive cet esprit. Phitech compte
désormais quinze salariés, recrutés, entre autres, pour leur enthousiasme, leur empathie et leur sens du service. Il ne s’agit pas de s’attacher à la seule performance technique de l’appareil, mais aussi et surtout à la personne qui va l’utiliser, souligne l’entrepreneur. « Notre leitmotiv, quand nous travaillons sur de nouveaux systèmes, est de toujours penser à l’usage que va faire un non-voyant de notre produit. »

Avec près de 15 millions de Français handicapés, Philippe Lemaire veut bien sûr aller plus loin. Les systèmes de Phitech peuvent se décliner et s’adapter à d’autres besoins, ceux des déficients psychiques ou des publics exclus, tels que les illettrés. Les attentes sont nombreuses et la raison de vivre de toute l’équipe de Phitech est désormais d’essayer de les combler, autant que possible.


Lauréat de Réseau Entreprendre Lorraine
PHITECH
Effectif : 14
Chiffre d’affaires : 1 M€
Secteur d’activité : Solutions d’accessibilité pour les déficients visuels
Date de création : 2003


Eric Chaveau Entrepreneur et engagé... dans sa banque

Quand les valeurs mutualistes infusent les relations entre l’entrepreneur et son banquier.

Eric Chaveau dirige Pébéo, entreprise marseillaise spécialisée dans la fabrication de peintures et articles pour les arts graphiques. Il a été identifié par la Banque Populaire, qui lui a proposé un siège d’administrateur. Très impliqué dans le réseau associatif local – Mécènes du Sud pour l’art contemporain, présidence de Réseau Entreprendre PACA –, il a retrouvé à la banque le même noyau d’entrepreneurs engagés.

Pour comprendre l’implication de chefs d’entreprise au sein de la banque, il faut remonter à ses racines : ce sont eux qui ont créé les Banques Populaires au XIXᵉ siècle, à une période où les banques existantes ne finançaient plus l’économie. Ils ont créé des banques à taille humaine, très ancrées localement, très tournées vers les PME.

“Veiller à ce que la banque reste engagée
au service des entreprises”

Les Banques Populaires sont une des banques mutualistes françaises. Leurs clients en sont sociétaires. Le conseil d’administration doit être représentatif de l’économie du territoire de la banque. Les entrepreneurs – commerçants, artisans, industriels et agriculteurs – doivent être majoritaires.

Eric Chaveau s’est impliqué pour que la banque garde une ligne d’engagement au service des entreprises. « Une banque pourrait facilement dévier, quitter le monde mutualiste et privilégier le profit et le capital, devenir une banque d’affaires. Les entrepreneurs-administrateurs garantissent une ligne de conduite conforme à l’histoire et aux valeurs mutualistes. »


Administrateur de Réseau Entreprendre Provence
PÉBÉO
Effectif : 400
Chiffre d’affaires : 35 M€
Secteur d’activité : Fabricant de couleurs
Date de création : 1921


Benoît Pontroué Entreprise et solidaire à la fois

Partir d’une entreprise existante pour créer de l’emploi pour des personnes en situation de handicap éloignées de l’emploi. Il y a des défis plus faciles. Cela n’a pas empêché Benoît Pontroué de le relever avec son équipe.

Et si on plaçait la barre très haut ? Socia 3, entreprise adaptée filiale du Groupe Soregor, accueille 80% de salariés en situation de handicap éloignées de l’emploi… Aujourd’hui, ce sont ces personnes avec handicap qui, une fois formées, gèrent les tâches administratives externalisées par des PME et des grands comptes (paie, missions RH, recrutement), le coeur de métier de l’entreprise. « Cette démarche est plus difficile qu’une création d’entreprise “classique”, mais elle a des impacts plus forts. », témoigne le fondateur Benoît Pontroué.

Il a fallu de la persévérance. Trois ans, entre l’étude de faisabilité et l’insertion des premières personnes en situation de handicap. « On a vu grand l’impact qu’aurait le projet. Puis on a démarré petit. Il faut du temps avant de créer la première filiale, puis la deuxième, et expliquer beaucoup le projet, pour fédérer toutes les parties prenantes. »

“Accompagner vos Richesses Humaines”

Pour Benoît Pontroué tout a débuté à l’été 2008 par la lecture de Recherche volontaire pour changer le monde, de Laurent de Cherisey (maintenant parrain de Socia 3), un hommage aux entrepreneurs sociaux du monde entier. Il ne regrette pas son choix. « Il y a des hauts et des bas, mais je conseille à tous les entrepreneurs qui en ont envie, de faire la même chose. Il y a de très belles rencontres, beaucoup de talents inexploités, et quelle joie de les voir éclore. Les accompagner est une aventure humaine très riche. Socia 3 développe également un programme “Hors les murs” à destination spécifique des personnes avec autisme. Il faut lever des freins en interne, mais en créant un espace et un accompagnement adapté, on crée aussi des opportunités et un nouveau départ pour ses collaborateurs. Et si les retours sont difficiles à quantifier, on se différencie par un impact très positif sur la société. »


Administrateur de Réseau Entreprendre Val-de-Loire
SOCIA 3
Effectif : 15
Chiffre d’affaires : 850 000 €
Secteur d’activité : Service administratif aux entreprises
Date de création : 2012


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